Patrimoine, culture et recherche en domaine d'Oc : le blog de la médiathèque inter-régionale occitane

L’occitan fait-il recette ?

Nous sommes en 2012 aps. J.-C. Toute la France échange en euro… Toute ? Pas tout à fait, puisqu’une ville de l’Hérault, peuplée d’irréductibles commerçants échangent encore et toujours (depuis deux ans déjà) dans une monnaie locale, l’Occitan. La langue d’oc, sa culture, ses valeurs et son histoire, sont aujourd’hui considérées comme des atouts et [...]

Conférence au CIRDOC – Traduction du Bréviaire d’Amour

La traduction du Bréviaire d’Amour de Maffre Ermengaud. En 2009, Henri Barthès président de la Société archéologique de Béziers a entrepris de traduire le Bréviaire d’Amour de Maffre Ermengaud. Ecrit au XIIIe siècle, ce texte fondamental de la littérature courtoise a été édité pour la première fois par Gabriel Azaïs en 1862. La traduction française [...]

Congrès permanent de la langue occitane

Le 16 décembre dernier naissait un nouvel organisme de régulation de l’occitan. Soutenu par les régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes, le Congrès permanent de la langue occitane confirme la prise de position des pouvoirs publics en faveur de la langue d’oc et la « Charte de coopération interrégionale et transfrontalière de développement de l’occitan » votée [...]

Participez ! Enquête sur le loto en occitan

Le « loto » nous vient d’Italie – le mot comme le jeu. D’abord réservé aux classes aisées de la société – à l’instar des autres jeux d’argent, il devient un des jeux les plus populaires dans les familles bourgeoises au XIXe siècle. C’est l’époque des « lotos illustrés », qui ont des vertus pédagogiques pour les enfants qu’on familiarise ainsi avec les [...]

Résolution 2012 !

Una pichòta produccion risolièra del CIRDOC-Mediatèca Occitana. Dessins de Bernard Cauhapé 1ère partie !

Le béarnais de Bourdieu: le sociologue et la langue

Publicat lo 31 janvier 2012
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« En ignorant ces parlers « réels », faute de catégories pour les percevoir (comme « béarnais francisé » et « français béarnisé, entre le français et le béarnais « purs » de nos taxinomies simplistes) et faute d’intérêt pour les décrire (nul ne songe  en ce cas à réhabiliter), on passe à côté de ce qui pourrait être le programme d’une sociolinguistique des parlers en Béarn (que j’avais entreprise, il y a bientôt trente ans, et qui est toujours à faire): décrire et expliquer les parlers que les locuteurs produisent pratiquement, en fonction d’une part de leur compétence dans une ou plusieurs langues  [...] et en fonction d’autre part du marché linguistique auxquels ils sont affrontés [...] . Et tout permet de supposer que la diversité presque infinie des parlers produits pourrait être expliquée et comprise – ce qui supposerait qu’on sache les décrire [...]. Rattacher donc les pratiques linguistiques aux conditions sociales de leur production, c’est-à-dire en particulier, aux conditions de production de leurs producteurs [...]. En des domaines aussi fortement investis par des passions et des pulsions sociales, telles que le souci de réhabilitation, de revanche, ou de distinction, seul un travail constant de socioanalyse peut nous protéger contre l’enregistrement et la ratification faussement savants des présupposés du sens commun. «  (Pierre Bourdieu, Préfaces de Langues en Béarn. Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1989. )

Né entre Pau et Orthez, dans le village béarnais de Denguin, le sociologue Pierre Bourdieu entretint des relations complexes avec la langue de son enfance. Entre rejet et soutien, son rapport à l’occitan, ses positions parfois polémiques sur la question, font aujourd’hui l’objet d’une analyse à l’occasion des dix ans de sa mort, le 23 janvier dernier.  dans le cadre de l’article. Se pose alors la question d’une approche sociologique d’une langue et de ses pratiques. L »article Pierre Bourdieu et la langue héritée : le béarnais et l’occitan proposé sur AQUI.FR (cliquer ICI) propose diverses pistes de réflexion .

Lire l’article: cliquer ICI.

Pour en savoir plus:

BOURDIEU, Pierre, Questions de sociologie, Paris, Les Éd. de Minuit. 2002.

BOURDIEU, Pierre, Le Bal des Célibataires: crise de la société paysanne en Béarn, Paris, Les Éd. du Seuil, 2002.

UNIVERSITE DE PAU ET DES PAYS DE L’ADOUR. Langues en Béarn. Etudes rassemblées. Préface de Pierre Bourdieu, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1989. (COTE CIRDOC: CAC 3119).

L’occitan fait-il recette ?

Publicat lo 26 janvier 2012
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Nous sommes en 2012 aps. J.-C. Toute la France échange en euro… Toute ? Pas tout à fait, puisqu’une ville de l’Hérault, peuplée d’irréductibles commerçants échangent encore et toujours (depuis deux ans déjà) dans une monnaie locale, l’Occitan. La langue d’oc, sa culture, ses valeurs et son histoire, sont aujourd’hui considérées comme des atouts et font l’objet de nombreuses initiatives commerciales. En témoignent les labels occitans, et les marques empruntant à la langue son nom ou l’utilisant dans leurs campagnes de communication (publicité Quézac, cliquer ICI).

L’occitan, monnaie locale de Pézenas

Alors que l’euro connaît une crise amenant les plus pessimistes à prophétiser sa mort prochaine, Pézenas (Hérault) propose depuis maintenant deux ans une monnaie alternative, portée par J.-F. Marquès, F.-X. Gay, J.-C. Domens, ainsi qu’une quarantaine de commerçants locaux, tous bénévoles. L’Occitan porte à dessein le nom d’une langue qui fait parti du patrimoine culturel de cette ville de plus de 8500 habitants, à l’instar de la croix occitane et de Molière, illustre pensionnaire de la Cité, également présents sur les billets.

Comme le souligne Jean-François Marquès, monnaie et langue sont deux des principaux moyens d’échange entre les hommes. Combiner les deux à travers une monnaie semblait donc tout naturel au créateur de l’Occitan, qui voit en la pluralité de l’une comme de l’autre, une richesse et une chance pour l’Europe. Dans un contexte de crise qui semble lui donner raison, l’existence de monnaies locales inédites jusque là en France mais que l’on trouve notamment en Allemagne ou en Argentine ( victime d’une grave crise monétaire au début des années 2000), serait pour les défenseurs de l’Occitan, une solution aux problèmes de spéculation, et un moyen de soutenir financièrement les projets et produits piscénois.

La culture occitane, argument de vente

Les projets reposant sur la culture et la langue occitanes se sont multipliés ces dernières années, présentant les visages les plus divers. Dans un contexte de concurrence accrue, les entreprises sont en effet de plus en plus nombreuses à adopter une démarche de différenciation et de labellisation de leurs produits. Le Made In France faisait il y a quelques semaines encore, les gros titres des journées. Le Made in Occitanie semble se porter tout aussi bien.

Une étude économique récente menée en Midi-Pyrénées et présentée sur le site Internet Touléco (cliquer ICI) présente les résultats suivants: « Trois personnes sur quatre prêtes à acheter des produits labellisés occitans ». Se rattachent en effet à cette labellisation, les questions de qualité, de production locale ainsi que le rapport à la terre et à l’identité des territoires.

Une culture identifiée en France mais également à l’étranger, à travers des marques comme l’Occitane, qrevendiquant les origines de son enseigne. D’une façon générale, la culture occitane est de plus en plus perçue comme un argument positif dans une démarche de différenciation des produits. Se pose alors la question du fondement de certains choix qui s’apparentent parfois davantage à un coup publicitaire, reposant sur un seul nom, des couleurs (rouge et or) ou des symboles clairement identifiés (croix occitane notamment), sans que la langue ou la culture occitanes ne soient réellement interrogées. Face à ces dérives, le marché s’organise, notamment autour de labels (Òc per l’occitan notamment, ICI), imposant à leurs titulaires le respect de chartes déontologiques.

Le succès des produits labellisés ou estampillés occitans, témoignent malgré tout la capacité de cette langue à s’insérer dans la société contemporaine, qu’elle respecte ses règles ou en propose de nouvelles.

En savoir +:

- Site Internet Òc per l’occitan: cliquer ICI.

- Dossier Les nouvelles ambitions du business de l’Occitan, sur le site ToulÉco.fr: cliquer ICI.

- Site Internet de la devise Occitan: cliquer ICI.

La traduction du Bréviaire d’Amour de Maffre Ermengaud.

En 2009, Henri Barthès président de la Société archéologique de Béziers a entrepris de traduire le Bréviaire d’Amour de Maffre Ermengaud.

Ecrit au XIIIe siècle, ce texte fondamental de la littérature courtoise a été édité pour la première fois par Gabriel Azaïs en 1862.

La traduction française de ce monument de la langue d’oc qui compte 34.597 vers, a été réalisée avec le concours du Professeur Ricketts, de Birmingham (Royaume Uni).

Au terme de la traduction Henri Barthès marquera cette étape du travail par un exposé donné au CIRDOC dans le cadre des activités de l’Escolo Trencavel, lundi 30 janvier à 17 heures.



Congrès permanent de la langue occitane

Publicat lo 20 janvier 2012
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Le 16 décembre dernier naissait un nouvel organisme de régulation de l’occitan. Soutenu par les régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes, le Congrès permanent de la langue occitane confirme la prise de position des pouvoirs publics en faveur de la langue d’oc et la « Charte de coopération interrégionale et transfrontalière de développement de l’occitan » votée à l’automne 2011.

Carte des dialectes occitans. ©J.F.Blanc

Cet organisme indépendant, à vocation scientifique, est le fruit des réflexions et recherches menées par l’APORLOC (Association de préfiguration de l’organisme de régulation de la Langue d’oc). Les études de faisabilité réalisées auprès d’institutions similaires pré-existantes, Institut d’Estudis Catalans, Euskaltzaindia, Fryske Akademy, ont permis d’en définir le fonctionnement et les modalités.

Représentatif des différents opérateurs et acteurs de l’occitan dans les trois Etats Européens concernés (Espagne, France et Italie), le Congrès regroupe des institutions et fédérations historiques de la langue d’oc de ces trois pays, ainsi qu’à titre consultatif, des représentants de l’Etat français (Ministère de la Culture et de la Communication, Délégation générale de la langue française et aux langues de France) et des Régions ayant souhaitait apporter leur soutien au projet ( Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes).

Afin de mener à bien les missions qui lui sont confiées, le Congrès repose au quotidien sur le travail d’une association gestionnaire, appuyée de deux conseils assesseurs: le Conseil linguistique et le Conseil des usagers.

Outre la production d’outils linguistiques de référence (dictionnaire mais également, lexiques, grammaires…), et la recherche scientifique appliquée, le Congrès permanent veillera à la régulation linguistique en proposant des préconisations, l’objectif étant de préserver le fragile équilibre entre respect de l’unité et de la diversité de l’occitan.

L’objectif premier de celui-ci sera de réaliser un dictionnaire franco-occitan en ligne, outil de référence commun et accessible à tous.

En savoir plus:

La bourrée en scène

Publicat lo 18 janvier 2012
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La bourrée doit-elle monter sur scène et se produire dans des salles à l’italienne, avec d’un côté les danseurs et interprètes et de l’autre, le public ? La question s’est posée lundi 9 janvier dernier lors de la présentation « De la bourrée » Attention travaux ! Spectacles en chantier, au Conservatoire à Rayonnement Régional de Chalon-sur-Saône, fruit du projet Patrimoine oral Massif Central (pour plus d’infos sur le projet, cliquer ICI.)

Alternant atelier découverte (La bourrée s’habille de polyphonie), ainsi que présentation de spectacles en cours de création (Sur tes pas, Debouts de la compagnie des Orpailleurs chorégraphié par Jean-Christophe Bleton et 3,1,2 le labyrinthe des origines de Air Food Company chorégraphié par Sidi Graoui en association avec les Brayauds), cette journée consacrée à la bourrée fut également le lieu d’échanges entre professionnels et amateurs sur l’actualité de cette danse et son devenir.

Danse traditionnelle, patrimoine immatériel du Massif Central, la question du devenir et de l’évolution de la bourrée se pose aujourd’hui. La sauvegarde du patrimoine de la danse, et d’une manière générale de pratiques qui demeurent des pratiques vivantes, à l’instar des langues régionales, naturellement évolutives, est source de nombreuses questions, notamment celles de la limite entre sauvegarde et immobilisme, de la simplification ou uniformisation des formes.

Placer la bourrée sur une scène, loin des bals et balètis dans lesquels elle s’épanouit de nos jours, en établissant strictement les limites entre acteurs et spectateurs, n’est-ce pas aller à l’encontre de sa tradition ? Proposer une création actuelle autour de la bourrée, tel que nous le proposait les trois spectacles en chantier présentés durant la soirée, représente-t-il une chance ou un danger ?

Les échanges de l’après-midi ont permis d’avancer sur ces différents points en soulignant que traditionnellement, la bourrée est une danse spectaculaire (dans tous les sens du terme), susceptible de monter sur scène sans risque de voir sa forme figée par l’exercice.

L’ouverture à d’autres pratiques (danse contemporaine) ou d’autres cultures s’inscrit dans une réflexion constante sur l’évolution naturelle d’une danse et ses objectifs premiers. Ainsi, les questions  du lien social et de la construction commune autour de cette danse,  furent-ils les principaux points mis en avant durant la journée, ce qui augure de beaux jours pour la pratique de la bourrée.

En savoir plus:

- Site Internet du Projet Patrimoine Oral Massif Central.

- Dossier Bourrée sur Occitanica.eu

- COCHINAL, Huguette, Chants et danses folkloriques du Limousin et du Massif Central, Paris, 1974. (COTE CIRDOC: 789.41 COC).

Participez ! Enquête sur le loto en occitan

Publicat lo 16 janvier 2012
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Le « loto » nous vient d’Italie – le mot comme le jeu. D’abord réservé aux classes aisées de la société – à l’instar des autres jeux d’argent, il devient un des jeux les plus populaires dans les familles bourgeoises au XIXe siècle. C’est l’époque des « lotos illustrés », qui ont des vertus pédagogiques pour les enfants qu’on familiarise ainsi avec les nombres. C’est sans doute à la fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle que le « loto-carton », à distinguer de la loterie nationale, devient le jeu le plus populaire dans de nombreuses communes des Pays d’Oc. On jouait au départ dans les cafés pour gagner du gibier, des paniers garnis et autre bonne chère pour les fêtes de Noël ou à l’occasion des foires. Puis, à partir des années 1970, les lotos se « municipalisent ». On joue désormais dans les salles de fêtes au profit des associations locales.

A l’origine, il n’y avait pas de micro et sans doute beaucoup d’animation dans les salles de cafés. C’est pourquoi, pour que tout le monde comprenne bien les numéros qui sortent, les « nommeurs » ajoutent des expressions rituelles à chaque numéro, faisant du loto un véritable spectacle ou la salle participe. Les lotos des pays d’Oc n’ont rien d’un jeu monotone : actualité, histoire, plaisanteries locales, surnom, jeux de mots, tout participe au grand art d’un bon nommeur. Dans les pays d’Oc, l’occitan a longtemps été la langue-reine des lotos. Aujourd’hui encore, les lotos des villages conservent de nombreuses expressions en occitan.

De nombreux organisateurs de loto nous sollicitent souvent pour connaître les expressions occitanes les plus familières dans les lotos occitans. Quelques documents de collectage ont été publiés, mais ne représentent pas l’extraordinaire richesse d’expressions et de plaisanteries de ce petit patrimoine linguistique d’Occitanie. C’est pourquoi le CIRDOC en appelle à vos témoignages et vos souvenirs pour rassembler le Trésor de la langue des lotos de village.

Participez à l’enquête, c’est simple !

Le CIRDOC-Mediatèca occitana collecte les mots et expressions du loto des Pays d’Oc. N’hésitez pas à chercher dans vos souvenirs et participer à cette petite collecte de mots et expressions occitans. Pour cela rien de plus simple :

- soit vous postez un commentaire (cliquer ci-dessus sur l’onglet « commentari »)

- ou par mail à question@cirdoc.fr

Merci de nous indiquer la commune ou la région d’où provient l’expression. Inscrivez l’expression telle que vous la connaissez ou l’entendez, phonétiquement si vous le souhaitez.

L’ensemble des mots et expressions collectés feront prochainement l’objet d’un inventaire en ligne disponible gratuitement dans la médiathèque numérique occitan : www.occitanica.eu

Les premières expressions collectées :

1 (Un)

« Lo primièr de mila »

Entendu : en Provence, en Languedoc

« Es tot sol »

Entendu : dans l’Hérault

« Lo pòrc lo compta »

Entendu : en Provence

Référence au cri du cochon. Cela ne fonctionne bien sûr qu’en occitan. En français le cri du cochon serait plus proche du « huuuit ! »

3 (tres)

« La carga i es »

Entendu : dans l’Hérault

Allusion au nombre d’enfants dans une famille. Trois enfants, c’est bien suffisant !

16 (setze)

« Les pois-chiches » (en français, mais jeu de mot en référence à l’occitan)

16 (setze) et les pois-chiches (ceses) sont des homonymes en occitan, ils se prononcent quasiment pareils.

Entendu : dans l’Hérault

« çò que se manja per Rampaus »

Ce qu’on mangue pour les Rameaux (= les pois-chiches)

Entendu : en Provence

N.B. : Vous voulez participer à un loto en occitan ? Le loto Occitan annuel animé par Michel Tayac se déroulera le dimanche 22 janvier 2012 à partir de 14h30, dans les locaux de la maison d’animation Lo Capial, place St-Georges, à St-Juéry le haut (Tarn).

Résolution 2012 !

Publicat lo 13 janvier 2012
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Una pichòta produccion risolièra del CIRDOC-Mediatèca Occitana.

Dessins de Bernard Cauhapé

1ère partie !



Nouveau cours d’occitan au CIRDOC!

Publicat lo 13 janvier 2012
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CULTIVE TON OC !

À partir du Jeudi 1er Mars débutera la seconde session de cours d’occitan pour grands débutants au CIRDOC.

Découvrir une nouvelle langue? Retrouver la langue que parlait sa famille? Se débrouiller en quelques mois pour comprendre l’occitan? Les cours pour grands débutants sont un premier pas vers la pratique de la langue d’òc.

Les cours auront lieu tous les jeudis de 18h à 19h30 en partenariat avec le CFPO, Centre de Formation Professionnelle Occitan.

Attention ! Ces cours sont gratuits mais les places sont limitées à 12 personnes par session.

Inscriptions : secretariat@cirdoc.fr /04 67 11 85 10

Le CIRDOC vient d’acquérir un manuscrit ancien, rédigé avant 1500 par la communauté des Augustins – ou « Augustiniens » – de Brignoles (Var). Ce livre de prières en occitan est d’une extrême rareté : le latin y côtoie l’occitan, le français ainsi que l’italien.

Rédigé à l’usage des Augustins de Brignoles (Ordre religieux installé dans cette cité du Var depuis 1319), le manuscrit 913 du CIRDOC-Mediatèca occitana est un livre de prières de la main du frère copiste Augustinus Perrone. La rareté de cet ouvrage provient de son caractère polyglotte, avant même les bouleversements de la Réforme quant à l’usage de langues vernaculaires pour les textes religieux.

Ce livre de prières provençal propose d’importants passages en occitan, à l’usage de « tos los paires he frayres de sanct augustin de brignolo » (f. 23v), autant que « …per toutos las personas de aquesto villo de brignolo he de tout lo pays… » (f. 25). Il est également dédié au roi de France « …he desdir he felicitat del segnor nostre Rey de Franso he de los citadins de la vilo de brignolo… » (f. 25v). Les livres d’Heures ou de prières manuscrits en occitan ancien sont très rares et contiennent des informations précieuses pour les chercheurs et la connaissance de la langue occitane de l’époque. Environ une dizaine de ce type de documents ont été identifiés à ce jour dans le monde par Clovis Brunel puis Peter V. Davies, le spécialiste actuel des livres d’Heures en ancien occitan (voir bibliographie ci-dessous).

Le Livre de prière des Augustins de Brignoles (ms 913 du CIRDOC), outre ses apports pour l’histoire culturelle et religieuse de la Provence de la fin du Moyen Âge, est d’un grand intérêt pour l’étude de la langue occitane. Ce manuscrit avait été repéré par Clovis Brunel dans la collection de Charles Perrat (1899-1976), ancien professeur à l’Ecole des Chartes, et paléographe reconnu. Apparu sur le marché à la fin de l’année 2011, ce document exceptionnel rejoint la collection des manuscrits anciens du CIRDOC-Mediatèca occitana. Il est en cours d’étude et sera prochainement présenté au public.

En savoir plus :

- BRUNEL, Clovis, Bibliographie des manuscrits littéraires en ancien provençal, Genève, 1973. (COTE CIRDOC 841).

L’inventaire de référence des manuscrit s occitans anciens contient la première liste de livres d’Heures et de prière en ancien occitan. Cet inventaire est aujourd’hui complété par les travaux de Peter V. Davies.
- DAVIES, Peter, Glanures occitanes recueillies dans trois livres d’Heures (fins XIVe siècle – XVe siècle), University of Glasgow French and German Publications, Glasgow, 1993.

Etude de trois livres d’heures en occitan : le manuscrit de la Birmingham City Art Gallery, le manuscrit 308857 de la Mitchell Library de Glasgow et le manuscrit Nouv. acq. lat. 3196 de la Bibliothèque nationale de France.

Sur les livres d’Heures du Moyen-Âge, une riche contribution récente :


- DEUFFIC, Jean-Luc, Notes de bibliologie. Livres d’heures et manuscrits du Moyen Age identifiés (XIVe-XVIe siècles), PECIA 7, Brepols, 2009.

Dessins animés et transmission de l’occitan

Publicat lo 5 janvier 2012
per Bibliotecari

La récente enquête sur les pratiques et usages de la langue d’oc menée par la Région Midi-Pyrénées auprès de ses administrés, a souligné qu’un Midi-Pyrénéen sur deux avait des notions d’occitan mais que se posait parallèlement la question de la transmission de cette langue. A l’heure de l’internet et des nouveaux médias, la production audiovisuelle et cinématographique en langue d’oc semble donc primordiale, tout particulièrement en direction des plus jeunes.

Les différentes régions concernées par la langue occitane, multiplient ces dernières années les initiatives de sensibilisation à l’occitan en direction des plus jeunes. A défaut d’une transmission inter-générationnelle, de plus en plus rare pour l’occitan, l’accès à la langue, écrite mais surtout orale, suppose la création et la mise à disposition d’outils nouveaux à proposer.

Récemment, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées, s’engageait aux côtés de l’Institut d’Études Occitanes pour l’édition d’un CD de comptines en occitan du groupe Nadau. Distribué avec le carnet de santé des nouveaux nés, il s’accompagne également d’un livret d’ information sur les atouts du bilinguisme dès le plus jeune âge.

La musique, la littérature jeunesse et les dessins animés, et d’une façon générale les nouveaux médias constituent autant d’outils potentiels de valorisation et de transmission de la langue. Ludiques et attractifs, sensibilisant à la sonorité et à l’écoute de la langue, les dessins animés en occitan se multiplient ces dernières années, bénéficiant du soutien des politiques publiques.

Outre les épisodes de Titeuf, traduits du français à l’occitan depuis quelques années, les « pichons » ont depuis 2011 accès à une production inédite, « Patata e los amics de l’òrt », (Patate et les amis du jardin potager). Ce film de 26 minutes réalisé par l’association Conta’m avec le soutien des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, confirme le volontarisme occitan en faveur de la création audiovisuelle. Plus récemment, les Aveyronnais de l’association AVOCA sortaient un DVD de la transposition en occitan d’un dessin animé bien connu des petits catalans: « Las Tres Bessonas e las sèt cabretas ».

Des initiatives que l’on retrouve également dans le domaine du cinéma. Sortait ainsi en 2011 le film Au bistrot du coin, traduit dans différentes langues régionales dont l’occitan. Elles reposent encore majoritairement sur l’action de passionnés et d’associations, souffrant parfois du manque de doubleurs disponibles pour la langue d’oc. Le soutien politique attesté ces dernières années, et la multiplication des projets semblent toutefois inciter à l’optimisme.

En savoir plus :

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